GRAND PALAIS installation Grand Nichoir /SALON D'automne . PARIS 25/28 Octobre2018. Blog - Alexandra Allard
les boites aux oiseaux
Le choix des boîtes de médicaments m’est apparu comme une évidence une après midi en promenant mon crayon et mon pinceau sur l’une d’elle. Ensuite la quête des boîtes fût moins facile….et la recherche des différents possibles des plus enrichissants… Je travaille sur ce support depuis mars 2016 parallèlement aux cartes scolaires, qui sont du temps et de l'espace, où le vol des oiseau reste la principale de mes préoccupations….. Je reste et demeure depuis 1990 le peintre du mouvement, stroboscopie, thaumatropes et autres séries. J' ai juste cherché pour mes oiseaux de nouveaux territoires à conquérir.
Comme un continent éclaté en îles, les structures-surfaces des boites de médicaments agissent comme figures du désordre sans autre héroïsme que celui du réel où la passion de l’histoire naturelle elles sont des cartes muettes, des lieux vides. Les installations que je réalisent avec elles proposent une vision en éclats, fragments ou strates spatiales où les oiseaux se posent. Depuis une cinquantaine d’années, l’art contemporain développe une antithèse de la sacralisation de l’animal des temps anciens, et exprime peut-être le regret du lien vital et pour moi l' image de cette absence est devenue une nécessité. Les boîtes me permettent d'exprimer cette perte, ce vide, elles montrent leurs faces muettes comme des territoires épuisés, des surfaces à recharger d’un nouveau contenu émotionnel. Elles ont l'avantage de s’échanger se compléter et de s'étendre infiniment, le pouvoir de se renforcer à plusieurs et de former des surfaces plus importantes et en même temps d’être à la fois force et fragilité comme leur point de départ, le médicament, elles gardent cette possibilité de mettre l’œuvre sur le fil du rasoir, en proie à la durée d’une existence en suspend.
Elles enveloppent et développent leur contenant ouvert à tous en même temps que ma pensée plastique et résument en un le temps et l'espace. Elles sont le devenir remédiable de cette nouvelle boîte qui tente de servir de remède à l'inculture et qu'on ne prescrit pas mais que l'on peut s'inculquer du bout des yeux.. Enfin elles signalent ( comme un signe) une société malade, dont le territoire s'étend et qui a des remèdes… la culture en est aussi un.


le choix des boîtes de médicaments article du Parisien expo Galerie Image In Air Rue St Martin Face Beaubourg Decembre 2016
Alexandra ALLARD
«  Où nul chemin n’était tracé nous avons volé » Rainer Maria Rilke.
Je suis née à Paris en 1952 bd du Port Royal, et j'ai fait mes études d'art à l'ENSBA du quai Malaquais diplôme décerné par Soulages, j'y ai lié des amitiés solides avec H. Goetz, H;Hartung, Chapelain -Midi, Licata et César,. .. Mon atelier, depuis 1989, est sur les hauteurs de Nice et domine la ville au milieu d’une olivaie. Je suis entourée d’oiseaux qui sont mes modèles familiers ; mésanges, merles, corneilles, pies, grand duc, héron, pic vert….Voilà pourquoi il est facile en regardant mon travail de cheminer dans l’espace, de s’y perdre d' y prendre son vol, de comprendre que le vol d’Icare est le passage de l’ancien au nouveau monde et de faire le même parcours dans cette technique Boschienne qui consiste à modifier sans cesse l' échelle des choses. Le regard du peintre est un œil tableau, un œil monde, un « kumini » un paysage réduit à un œil cartographique. Toute carte est « in situ » pour autant que le site est absent, et ce n’est pas par hasard si le regard est dit « à vol d’oiseau » et sur mon œuvre- carte ou boîte de médicaments l’oiseau vole ou se pose ici ou là, comme sur une cage ouverte maishabitée par un nouveau contenu sensible. Qui exprime peut être le regret du lien vital, mais qui manifeste sa joie migratoire.      


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